Le mendiant et le riche homme.

Une jolie histoire qui m'a été contée au Vietnam en 2005

Un mendiant, après une longue journée à parcourir les rues de la ville, n’avait pu récolter qu’une maigre poignée de riz gluant. Comme hier, comme le jour d’avant, il tenait ses grains et son ventre avait une faim qui lui criait : « encore plus ». Il trouva une gargote illuminée, et s’assit prudemment près d’une des fenêtres, aspirant doucement les mets parfumés qu’on venait de poser sur la table des convives. Il humait et humait encore, prenant une inspiration et quelques grains de riz, imaginant ainsi remplir son estomac des délicieuses saveurs. Ainsi pourrait-il lui donner cette douce illusion que la peau dorée du canard laqué avait accompagné le bol de riz. Met apprécié entre tous, cette peau cuite des heures était un raffinement que les notables aimaient à faire partager à leurs invités. Les serviteurs se contenteraient de la chair considérée comme vulgaire.

Ainsi donc, il respirait encore ce fumet de riches, quand le restaurateur se planta devant son visage encore radieux.

_ Tu me dois le prix du repas gredin !

_ Mais je n’ai rien mangé, je ne me suis assis là que pour profiter un peu de l’odeur.

_ C’est bien ce que je dis, tu me dois le prix du repas. Si tu as profité de son odeur, c’est que tu en as déjà mangé une partie. Et le tout ou une partie, cela ne me regarde pas. Mais tu vas devoir payer, cela est certain.



Le mendiant reste interdit. Il bégaye encore quelques supplications quand un homme richement vêtu se présente au restaurateur.



_ Tu veux que ce mendiant te paie le repas, n’est ce pas ?


_ Bien sûr il en a profité, alors il devra me le payer. Et s’il ne paie pas, j’appelle les gardes !


_ Très bien, je vais payer pour ce mendiant.


Ce faisant, il sort une bourse, et en tire quelques pièces d’or. D’un geste sûr et ample il jette alors les pièces sur le toit voisin.


Le restaurateur hurle autant d’indignation que son vocabulaire peut lui permettre, levant les bras au ciel.


_ Cet homme n’a fait que respirer ton repas, tu ne feras donc que regarder ces pièces briller.


Lumineux dimanche à tous...


#Parabole

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